Conseils de lectures, films

L'ANACR aime vous donner des conseils de lectures, vous donner son avis et vous présenter des livres et des films pour apprendre, comprendre la Résistance. Vous trouverez ci-dessous notre listes en cours de réalisation (en sachant déjà qu'elle ne sera jamais fini tant il existe d'ouvrages sur la période). Bonne lecture de cette page vous invitant à encore plus de lecture...

 

Le Jura fait partie de ces rudes terres symboles des bastions qui, à toutes les époques, ont résisté à l’envahisseur.Couverture copie

La Résistance qui s’y est développée au cours de la deuxième guerre mondiale est la pierre angulaire de cette recherche dans laquelle les territoires jurassiens ont été largement pris en compte.
C’est bien sûr le Haut Jura et ses forêts de résineux, qui comme les contreforts alpins, a été lieu de refuge pour les maquis. Ils s’y sont développés et ont tenu en échec l’occupant. Ce sont aussi les espaces ruraux peu peuplés et isolés propices, eux aussi, à la clandestinité.
Et cette diversité géographique sera encore amplifiée par la ligne de démarcation : le Jura sera le seul département français divisé en trois entités: zone « libre », zone occupée et zone interdite.
La Résistance a été, ici comme ailleurs, bien antérieure aux emblématiques maquis. Elle a commencé dans le tissu urbain, certes ici modeste, mais aussi dans les nombreux bourgs et villages qui constituent la trame de la Franche-Comté et l’image qui renvoie à une Résistance sublimée limitée aux maquisards, est trompeuse et réductrice.
L’objet de ce livre est d’abord de mettre en exergue ces Jurassiens, souvent méconnus qui, dans leurs territoires, ont fait que la Résistance soit avant tout populaire. Cet ouvrage, loin des clichés, se veut être une réflexion sur ce que furent les résistants, avec leurs grandeurs et leurs faiblesses, leurs organisations, leurs combats, leurs drames et enfin leurs espoirs. La prise en compte des difficultés du quotidien, les représentations mentales, l’histoire personnelle ou collective des Jurassiens dans ces années douloureuses nous a semblé nécessaire pour mieux appréhender la valeur de l’engagement de ces résistants.
Ce travail d’Histoire repose sur de très nombreux témoignages d’acteurs, mais surtout sur une consultation minutieuse d’archives privées et publiques.
Il est préfacé par l’historien spécialiste de la Résistance François Marcot.

L'auteur: André ROBERT

Professeur agrégé.
Il a enseigné l’Histoire-Géographie dans le Jura, notamment au Lycée Jean Michel de Lons le Saunier jusqu’en 2006.
Membre du C.A des « Amis du Musée de la Résistance et de la Déportation » de Besançon.
Membre (ami) du Bureau de l’Association Nationale des Anciens Combattant de la Résistance du Jura
Membre de l’Association pour les Etudes sur la Résistance Intérieure (Rattachée à la Fondation de la Résistance).

51gagr4em1l sx323 bo1 204 203 200Vous avez lu son premier livre « Jura 1940-1944 - Territoires de Résistance », vous pouvez alors sans hésiter vous procurer le second. Ces deux livres forment un tout qui donne une vision très complète sur l’état de la France, du Jura en particulier, entre 1940 et 1945. Ce deuxième ouvrage « Vivre sous l’Occupation - 1940-1945 - Chroniques Jurassiennes », nous emmène au plus profond de la vie française durant l’Occupation. C’est un travail de fond, sérieux, et très documenté, basé sur un travail d’archives et de témoignages. André, qui sait être à l’écoute tout en étant parfaitement respectueux des témoins qu’il interroge, nous fournit un ouvrage de haute volée, qui fait déjà référence. Quand on sait combien André est heureux de rencontrer les gens, on se rend bien compte quelle fabuleuse aventure humaine il a vécu pour nous livrer ce précieux document. Merci André, nous sommes très fiers de t’avoir parmi nous à l’ANACR Jura et déjà nous attendons avec délectation la sortie de l’ouvrage suivant.
Pour terminer, il convient de laisser la parole à l’auteur : « J’ai voulu mettre en scène les Jurassiens, ceux des campagnes comme ceux des villes, me livrant à une histoire qui se veut globale, essayant de dégager en quoi la guerre, l’occupation de plus en plus lourde, les contraintes économiques et humaines, les restrictions de toutes sortes, l’évolution de l’Etat Français, les actes de la Résistance mais aussi la répression allemande, ont joué dans l’évolution des mentalités et des comportements. Je voulais également répondre à cette question : les gens, pour la plupart pétainistes en 1940, le sont-ils restés jusqu’à l’été 44, comme beaucoup l’affirment ? En fait les regards portés sur le gouvernement, la collaboration, Pétain, la Résistance, ont évolué en permanence jusqu’à la Libération. »

1re de couvertureAvertissement de l'auteur :
Mon travail sur la Résistance et l’Occupation dans le Jura respectait scrupuleusement les règles du « métier d’historien ». Je me suis accordé ici, tout en restant fidèle aux faits historiques, quelques libertés propres au roman.
Ma première intention était en effet de faire connaître l’histoire de cette période à un public plus large, dépassant le cercle des lecteurs d’ouvrages « spécialisés ». La gageure était de taille, la porte était étroite.
Ce choix m’a permis aussi de traiter plus librement des situations, des enjeux et des problématiques ayant trait à cette période trouble, mon intention étant toujours de mettre l’homme au cœur du récit, y compris le plus modeste acteur anonyme, dans son quotidien, ses choix, ses actions.
Je suis parti des recherches documentaires menées pour réaliser mes deux ouvrages précédents. Ainsi tous les faits « historiques » relatés ici, ainsi que la plupart des personnages : le maire, les préfets, le commissaire des R.G, les responsables résistants, mais aussi les victimes, sont-ils authentiques. Tout lecteur qui trouverait donc dans cet ouvrage quelque similitude avec des personnes ayant vécu à cette époque ne serait pas obligatoirement dans l’erreur… Pour d’évidentes considérations, dont le respect de la mémoire des acteurs, tous les noms des personnes et des lieux signalés sont fictifs.

Priorité à l’Histoire : ce livre est construit à partir d’un authentique dossier manuscrit réalisé après la guerre par le maire d’une bourgade de Franche-Comté, et conservé aux Archives départementales. Le contenu de ce très riche dossier a été utilisé, tant pour les faits qu’il relate que pour l’état d’esprit et les humeurs de son auteur.
Par ailleurs, tous les textes en italique, dont les courriers des Préfets, sont extraits du dossier, et donc authentiques.

La fiction, l’intrigue, sans jamais s’éloigner des possibles, donnent chair au récit.

Nous vous avons conseillé les trois premiers ouvrages d'André Robert, Historien spécialiste de la Résistance jurassienne. Aujourd'hui laissez nous Le courrier du passeur par André Robertvous présenter son 4ème ouvrage qui retrace le parcours du passeur Henri Gandel de Balaiseaux grace aux courriers retrouvés par sa famille à son domicile. Un livre à lire absolument!!!

« A l’instar d’Henri Gandel, les premiers hommes et femmes à intervenir pour permettre de faire passer clandestinement la Ligne de démarcation aux hommes et au courrier, le font spontanément, par empathie, solidarité et conviction patriotique. Cette activité devenant vite très risquée, la plupart y mettent assez rapidement fin. Le passage devient pour beaucoup une affaire de « spécialiste ».

Certains passeurs sont recrutés par un réseau ou un mouvement de Résistance, et grâce à eux va ultérieurement s’imposer l’image du « passeur résistant » mu par le seul engagement patriotique impliquant le sacrifice et donc le bénévolat. Ils seront cependant bien peu, après la Libération, à obtenir leur carte de Résistant.

Pui, témoignages, littérature et cinéma imposeront cette représentation souvent héroïsée du passeur sans peur et sans reproche, mais aussi celle de son contrepoint, le passeur vénal, qui a, lui aussi, existé.

Henri Gandel, comme la très grande majorité des passeurs, ne fut ni l’un ni l’autre, il n’a fait partie d’aucun organe de la Résistance, et même il s’est fait rémunérer, il n’a pas obtenu sa carte de Résistant … Malgré tout il a été efficace, patriote et courageux…

Ambigüité du qualificatif « bénévole » appliqué systématiquement au passeur résistant : le problème de la rémunération n’est pas aisé à aborder et si la place n’est pas ici d’en débattre, il peut être une clé utile à la lecture de ce courrier : un « vrai » passeur ne se devait il pas d’être bénévole ?

Henri Gandel, le petit paysan de Balaiseaus qui agit seul, sans moyens, sans soutien, sans logistique, aurait il dû et surtout pu faire abstraction de toute rémunération ? » André Robert

Déportés du Jura André ROBERT1940-1944 Déportés du Jura

Le livre se termine sur la liste par villes et villages des déportés jurassiens rentrés et non-rentrés. A cette liste il faut ajouter une cinquantaine de déportés jurassiens arrêtés dans d’autres départements.

A l’heure où les derniers déportés vont nous quitter, cet ouvrage d’André Robert voudrait s’inscrire dans la continuité des travaux réalisés par leurs associations et se présenter comme un mémorial, un hommage, une reconnaissance due plus particulièrement aux victimes jurassiennes que l’auteur s’attache à sortir de l’anonymat.Déportés du Jura André ROBERT

A lire absolument, à consulter abondamment le plus souvent possible car c’est à n’en point douter un livre référence sur ce point précis de l’arrestation aux camps.

 

 

Déportés du Jura André ROBERT extrait

J’avais oublié mais j’ai retrouvé ….dans la librairie en plein centre-ville de Lons le Saunier où notre famille a ses habitudes et ses amitiés qui sont dues à l’accueil, la compétence, la disponibilité de tous. J’ai retrouvé disais-je Matin brun de Franck Pavlov. A sa sortie en 1998 et pendant plusieurs années, j’en ai distribué beaucoup aux collègues et amis-es.

 Très bien placé à l’entrée de la librairie il n’a jamais cessé d’être présent dans les rayonnages. C’est peut-être l’état du monde qui l’a remis à la vue de tous. Matin brun c’est un tout petit livre, un livret pourrait-on dire. Brun de couverture, il raconte en 10 pages une histoire extrêmement bien résumée en 4ième de couverture.

Courrez vite l’acheter, c’est très peu cher 2,50euros, alors prenez en plusieurs et diffusez-les car il n’est jamais trop tard…

Jean-Claude HERBILLON

 

Matin brun 1

Matin brun 2

 

"93 ans. La fin n'est plus bien loin. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique: le programme élaboré il y a soixante-six ans par le Conseil National de la Résistance!"

Quelle chance de pouvoir nous nourrir de l'expérience de ce grand résistant, réchappé des camps de Buchenwald et de Dora, co-rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l'homme de 1948, élevé à la dignité d'Ambassadeur de France et de Commandeur de la Légion d'honneur!

Pour Stéphane Hessel, le "motif de base de la Résistance, c'était l'indignation." Certes, les raisons de s'indigner dans le monde complexe d'aujourd'hui peuvent paraître moins nettes qu'au temps du nazisme. Mais "cherchez et vous trouverez".

 

Henri Jaboulay, Compagnon de la Libération, sous régional FFI à Lyon, chef des Maquis de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire.

Il chapeautait tous les chefs de Maquis de 9 départements et transmettait les ordres du Directoire de Lyon aux Chefs Maquis dont ceux du Jura. C'est ainsi qu'il va donner l'ordre à Chauvel (André Le Henry) d'attaquer la garnison allemande de Lons-le-Saunier permettant ainsi à la ville d'être libérée avant Bourg et Lyon.

L'auteur conte tout cela avec le souci du détail et ces évènements qui se sont passés dans le Jura trouveront je pense un intérêt auprès de vous.

Petite nièce de Henri Jaboulay, professeur d'Histoire Economique à l'Université de Bordeaux, elle publie sa biographie après 20 ans de recherches dans les Archives départementales de Lyon, Archives de Vincennes, celles des Compagnons de la Libération, dans une bibliographie abondante. Elle s'est aussi appuyée sur des archives et témoignages familiaux.

 

Henri Jaboulay Livre

Henri Jaboulay Présentation

 

 

 

"Ce livre n'est pas une biographie. C'est un portrait, un double portrait de ces deux femmes entre qui la confiance et la confidence étaient totales.Je ne connais pas assez Florence pour vérifier si son portrait à elle est ressemblant, mais je peux témoigner de l'authenticité de celui de Lucie." Raymond Aubrac. On entend Lucie Aubrac en lisant Florence Amiot-Perlmeyer, dans le dialogue impertinent et émouvant de deux femmes debout.

 

 

 

Jeune femme originaire de Chilly-le-Vignoble, devenue professeur de philosophie qui s'engage en 1934 dans le combat antifasciste. Elle est internée en 1942 au camp de femmes de Monts et participe à l'une des rares révoltes contre la mauvaise nourriture, et se retrouve de ce fait transférée à Mérignac dont elle s'évade en 1943. Elle rejoint ensuite la Résistance à Lyon et est arrêtée sur dénonciation le 10 juin 1944 par la Milice. Le 13 juin elle se défenestra du troisième étage par crainte de parler sous la torture. Elle meurt le jour même sans avoir parlé. Mais elle a disparue de la mémoire collective et est une Résistante oubliée.

51r7ohkvc l sx355 bo1 204 203 200Octobre 1943. Après l’échec de l’opération contre le camp Margaine (voir Tome 1) Klaus Barbie est loin d’avoir renoncé. Trois nouveaux chefs de la SS ont été nommés pour anéantir la Résistance du Jura.
Sains et saufs, Pascal et Louis ont rallié le groupe Jacques à Chilly-le-Vignoble. Ils sont bientôt rejoints par Roger, un de leurs amis, venu lui aussi de Normandie. Leur mission est de ravitailler les partisans du département en vivres mais aussi en armes parachutées sur les terrains clandestins dont ils assurent la protection. C’est ainsi qu’ils participent notamment au départ du couple Aubrac pour Londres.
Le débarquement se prépare et les Allemands sont sur les dents. Après leurs offensives contre les maquis de l’Ain et des Glières, ils s’apprêtent à investir le Jura. Mille deux cents Cosaques sont dirigés sur Lons-le-Saunier. Un piège redoutable, ourdi par les SS et leurs suppôts français de la Section antiterroriste (SAC), semble sur le point de se refermer sur les résistants...La nuit d alieze
Dominique Gros, Franc-Comtois installé en Normandie, biographe de Prévert ou de Pergaud, écrivain chevronné, a d’abord été profondément ému en découvrant l’histoire de
ces combattants de vingt ans. Ont suivi plusieurs années de recherche dans les archives et de recueil des témoignages des survivants pour reconstituer le parcours de Pascal et de
Louis mais aussi celui de Lulu, le chef du camp Margaine, celui de l’énigmatique Marisette, de « maman Crolet » ou encore ceux des miliciens de Saint-Claude... La patte du romancier a permis de redonner vie à ces saisissantes figures du passé.
Le résultat est une tragédie haletante, toute empreinte du charme et de l’optimisme de la jeunesse. Le roman vrai des maquis du Jura durant la Seconde Guerre mondiale.

 

 

Curieusement aucune biographie n'avait été publiée sur Lucie Aubrac, figure marquante de la Résistance. Laurent Douzou, spécialiste reconnu de la Seconde Guerre mondiale en France, a eu accès aux archives privées de Lucie et Raymond Aubrac, ainsi qu'à celle du Parti Communiste français et à d'autres fonds. En ressort un personnage plus paradoxal, inattendu et attachant, que celui de la légende. Lucie Aubrac a été une héroïne, une "Star", un sujet de controverse et, d'abord une combattante. C'est le mérite de Laurent Douzou que d'éclairer avec précision ses multiples facettes.

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Patriote militante et résistante, Victoria Cordier, avec l'aide de ses sœurs et au péril de sa vie, fit traverser le massif du Risoux en plein cœur du Jura franco-suisse à de très nombreux Juifs, Résistants et autres pourchassés par le régime nazi. Ceux-ci étaient conduits en Suisse grâce à des filières organisées.
Au cours de l'été 1943, elle se mit à la disposition à Lyon du chef de mission Jean Rocoffort, alias « Rochette » du réseau « Corvette » qui l'employa comme agent de liaison avec la filière suisse. Victoria accomplit toutes ces missions en surmontant les divers dangers qu'elles comportaient.

327019888 577590670942281 1793052070922373082 nA bientôt 70 ans, il y a déjà bien longtemps que j’ai rencontré Spirou et Fantasio, les héros de bd bien connus depuis les années 50. Après les avoir perdus de vue pendant plusieurs décennies pour de mauvaises raisons en particulier celle qui consiste, avec l’âge à devenir toujours trop sérieux. Je les retrouve en octobre 2018 pour une traversée des années noires en Belgique intitulée l’espoir malgré tout.

Spirou le très jeune héros et Fantasio son acolyte, très grand, très bon, un peu distrait, naïf et incrédule traversent les années noires avec ses malheurs et ses petits bonheurs, la découverte de l’amour avec son lot d’immenses moments de bonheur et de déconvenue.

Ils sont révoltés par le nazisme, deviennent résistants, agents de liaison, terroristes et dynamiteurs. Ils découvrent avec horreur la déportation des juifs et des résistants. Il faut faire quelque chose et ils le font, parfois sans le savoir vraiment.

Chaque volume de cette histoire c’est entre 90 et 115 pages illustrées chacune par une douzaine de dessins parfois plus de quoi se plonger pour un temps assez long à travers le scénario et les dessins de Emile Bravo. Le tout est édité chez Dupuis Editions.

Pour vous faire plaisir, pour faire des cadeaux n’hésitez pas, c’est passionnant, historiquement plutôt très juste et graphiquement bien dans le ton pour retranscrire l’époque. Pour ma part j’ai dévoré les 4 tomes …

426284063 411615144568795 2700000514087173940 nL’entrée au Panthéon de Mélinée et Missak Manouchian a déclenché nombre de parutions : livres, bd et  articles de presse. La bd ou livre graphique publiée dernièrement par Didier Daeninckx, Mako et Dominique Osuch aux éditions Arènes bd et ministère des armées ne peut être le fait d’un opportunisme de circonstance tellement Daeninckx a déjà publié sur Manouchian et l’affiche rouge.

 Missak édition Perrin roman

 Missak l’enfant de l’affiche rouge édition rue du monde

 Viva la liberté édition rue du monde où il est question de Rino della Negra

Par-delà l’histoire des 23 déjà bien connue, j’aime beaucoup le graphisme et les couleurs sombres de cet ouvrage qui traduisent bien la noirceur de l’époque.

Le texte de Denis Pechanski en deuxième partie avec bon nombre de documents et d’explications sur les docus « la traque de l’affiche rouge » et « des terroristes à la retraite »qui coupent court à d’anciennes polémiques. Ainsi que le petit encadré pour nous dire l’’histoire des trois photos prises lors des exécutions au mont Valérien tout cela réhausse le cote historique de cette bd.

Ce très beau travail ne doit pas empêcher le lecteur d’aller plus loin en relisant « des étrangers dans la Résistance » du même Pechanski aux éditions de l’atelier 2002.

En bonne place entre la bd et le texte historique un portrait de Manouchian réalisé par Ernest Pignon-Ernest en 2017 dans lequel le regard de Manouchian semble nos interroger sur la profondeur de nos engagements. Tout comme d’ailleurs la lettre d’Olga Bancic à sa fille et celle de Boris Vildé à sa femme

Bonne lecture

 

 

Réalisé par Gilles Perret, avec le témoignage de Walter Bussan, Déporté Résistant qui s'exprime ainsi lors d'une interview :"La plupart des spectateurs découvrent l'existence du programme du C.N.R dans le film,où ceux qui ont entendu parler du C.N.R ont oublié qu'il est à l'origine de toutes les lois progressistes promulguées entre 1945 et 1952: Sécurité sociale, retraites par répartition, indépendance de la presse..."

Résister toujours : mémoires De Marie-José Chombart de LauweExtrait: « Je voudrais vous raconter l’histoire d’une jeune femme de quatre-vingt-douze ans. Bien sûr, entre la gamine qui est entrée dans la Résistance à dix-sept ans et la personne qui écrit ces lignes, il s’est écoulé une longue vie. Physiquement, je suis une personne différente, presque étrangère au feu follet qui pédalait sur les routes de Bretagne avec des messages planqués dans sa ceinture ou dans ses cours. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’en mon for intérieur je suis restée la même, intacte. Mes choix, mes engagements, mes révoltes sont identiques. Quand j’écoute les informations sur ma petite radio à piles, dans ma maison d’Antony, je suis gagnée par les mêmes sentiments. Je réagis pareillement aux évènements. Quand mon corps me trahit, mon esprit, lui, reste fidèle. J’ai l’idée que mon existence a été une trajectoire, une ligne tendue au travers des années.

(…)

Pourquoi si tard ce récit de toute une vie, de près d’un siècle ? Parce que je l’estime utile et peut-être même nécessaire. Je vois aujourd’hui des choses qui ne me plaisent pas, qui nourrissent mon inquiétude, des réminiscences de ce contre quoi j’ai résisté toute ma vie.

Voilà soixante-dix ans que le nazisme a été renversé, les camps de concentration libérés. Avec ma mère, j’ai survécu à Ravensbrück et Mauthausen. Mon père est mort à Buchenwald. Le 22 avril 1945, j’ai cessé d’être un numéro pour redevenir Marijo. J’ai vécu ensuite une vie heureuse, une vie de femme, une vie de mère, une vie professionnelle, une vie d’engagement. Survivante, je suis devenue une « re-vivante », d’autant plus attachée aux beautés du monde et à la chaleur des relations humaines. »

 

Résister toujours : mémoires   De Marie-José Chombart de Lauwe

Thomas Rabino, Laure Moulin Résistante et sœur de HérosThomas Rabino, Laure Moulin Résistante et sœur de Héros

Ce livre est une biographie de Laure Moulin et non une énième production sur son frère Jean.

La qualité de l’ouvrage ne peut que nous inciter à relire ou lire l’ouvrage précédent de Thomas Rabino sur Jean Moulin « L’autre Jean Moulin, l’homme derrière le héros » (ed Perrin 2013) et bien entendu à replonger dans le « Jean Moulin » de sa sœur Laure édité en 1969.

Dans ce dernier ouvrage très documenté de Thomas Rabino, après une première partie retraçant la jeunesse et la formation de Laure Moulin à partir d’un cadre familial porteur d’un idéal républicain à l’image de son père pour qui l’antisémitisme est à combattre avec force, on y découvre Laure comme confidente et « modèle » pour son frère… Elle cherche absolument à le maintenir dans le chemin tracé par sa famille.

Dans une seconde partie « Duo résistant » on la découvre proche du Résistant Jean Moulin, un peu agent de liaison, secrétaire et courrier pour son frère :

« J’ai servi de secrétaire et de courrier à mon frère Jean Moulin de novembre 1940 à juillet 1943 » a-t-elle écrit dans un formulaire de l’éducation nationale.

Pilier avant la guerre, Laure l’est encore plus aux yeux de Jean dans une époque où tous les repères ont volé en éclats, son travail est essentiel. Chaque séjour de Jean mêle repos et intense travail nocturne de déchiffrage des feuilles codées transmises par Montjaret qui reçoit des instructions de Londres grâce à sa valise radio.

Enquêtrice : Laure Moulin le devient après l’arrestation et la mort de son frère en juillet 1943. Tout en continuant ses activités professionnelles et la présence auprès de sa mère « Blanche » elle est envahit par l’idée que son frère puisse être encore vivant, puis elle reste envahie par son enquête en responsabilité en ce qui concerne l’arrestation de son frère.

Pour suivre ce chapitre il peut être intéressant de naviguer entre le texte de Thomas Rabino et l’ouvrage de Laure Moulin sur son frère.

C’est durant cette période qu’elle se rapproche et devient ami avec Antoinette Sachs l’amante de son frère, leur courrier est une vraie source d’informations. En janvier 1945 l’enquête l’amène à la vérité sur la date de la mort de son frère, puis ce sera les recherches pour acquérir les certitudes sur l’identification des cendres de son frère.

La justice injuste : les procès Hardy. Une période très difficile pour Laure qui découvre les guerres d’influence dues à la guerre froide qui s’installe et les difficultés pour faire avancer la découverte de la vérité. On y suit au jour le jour le déroulement trouble de certaines manœuvres pour protéger Hardy. Laure est de plus en plus fatiguée mais elle poursuit sa tache sans relâche.

Après un premier procès, Hardy est innocenté au bénéfice du doute. Il bénéficie au deuxième procès de la minorité de faveur et sauve sa tête. Laure a perdu la foi en la Justice de son pays, personne n’a été condamné pour la mort de son frère. Dans ses lettres à celles et ceux qui ont vécu l’affaire il ne sera plus question de ce drame ultime. C’est à elle seule qu’incombe la tâche d’honorer la mémoire de Jean Moulin grand héros de la Résistance, l’Histoire et la Mémoire ne pourront que lui rendre justice.

Gardienne de la Mémoire : C’est le dernier chapitre de cette biographie, et elle le sera jusqu’à son décès le 31 décembre 1974. Elle travaille à l’édition de « Premier combat », elle écrit « Jean Moulin (Presse de la cité), elle participe aux cérémonies du Panthéon, puis aux multiples cérémonies, inaugurations, congrès, colloques, elle écrit des articles pour la presse.

Les 37 monuments et stèles, les 119 plaques, les 300 établissements scolaires, les 978 rues – places – squares et ponts qui portent le nom de son frère sont aussi l’œuvre de Laure qui a parcouru tout le pays pour faire vivre la mémoire de son frère.

« Elle a vécu pour la mémoire de son frère » résume Georgette Escoiffier dans un témoignage du 15 mai 2018 à Aix en Provence.

Un livre à lire !!!

« Les Parisiennes » d’Anne Sebba« Les Parisiennes » d’Anne Sebba

Edition « La librairie Vuibert » avril 2018

Anne Sebbas biographe et historienne vit et travaille à Londres.

Il s’agit dans ce livre de la vie, des amours, et des combats entre 1939 et 1949 de celles qu’elle appelle « les Parisiennes ».

Quelques 86 personnages de tous horizons : Résistantes, collabos, Déportées, actrices, couturière renommée (Chanel), épouses d’Allemands telle Suzanne Abetz épouse française d’Otto Abetz ambassadeur allemand auprès du gouvernement de Vichy, …

La part est belle pour les Résistantes et déportées, le livre s’ouvre sur Cécile Rol-Tanguy à la suite d’un entretien de 2014, ça commence ainsi :

« N’écrivez pas qu’on nous a « donné » le droit de vote après la guerre, me dit elle en insistant bien sur les mots, nous nous sommes battues pour l’obtenir. »

A partir de là on plonge dans ce livre d’histoire qui se lit comme un roman historique, il est donc à conseiller malgré l’étonnante absence des femmes du peuple, ouvrières ou mères de famille.

Le voyant de Jacques LusseyranUn essai, une biographie, un roman historique, les trois à la fois…

« Le voyant » parle de Jacques Lusseyran, le Résistant aveugle et est écrit par Jérôme Garcin, ce qui est un gage de bonne écriture.

Jacques Lusseyran a perdu la vue à l’âge de huit ans suite à un accident de chahut au sein de son école.

Un an avant sa disparation en 1971 il tenta une fois encore d’expliquer l’incroyable pouvoir qu’il avait tiré de son traumatisme originel. Il rendait grâce au ciel qui en le privant de l’essentiel lui avait fait approcher une vérité plus essentielle encore. Il l’exposait ainsi : « La découverte fondamentale je l’ai faite 10 jours à peine après l’accident qui m’avait rendu aveugle. Elle me laisse encore ébloui. Je ne peux l’exprimer qu’en termes très directs et très forts : j’avais perdu mes deux yeux, je ne voyais plus la lumière du monde, et la lumière était toujours là. C’est vrai la lumière je ne la voyais plus hors de moi, mais je la retrouvais ailleurs. Je la retrouvais au-dedans de moi et ô merveille ! Elle était intacte. »

C’est ainsi qu’il oublia très vite qu’il était aveugle, seuls les autres croyaient devoir le lui rappeler.

Le sociologue Alain Touraine dans son blog daté du 13 juillet 2013 écrit qu’il est demeuré 70 ans plus tard son ange gardien, sous la protection duquel il continu de penser de travailler, de vivre : « Jacques Lusseyran tué dans un accident obscure après avoir survécu à la Résistance, à la déportation, lui le Khâgneux le plus brillant, aveugle qui était toujours escorté de son ami Jean-Michel Besnier déporté avec lui mais qui n’est pas revenu… Lusseyran est mort le 27 juillet 1971 sur une route de Loire-Atlantique aux cotés de sa troisième femme, il avait 47 ans. Il laissait quatre enfants, une demi douzaine de livres publiés, autant de manuscrits de roman, de pièces de théâtre refusées par les éditeurs, une thèse soutenue à la fin des années 40 sur le Syncrétisme religieux de Gérard de Nerval. »

Vous allez dans ce livre découvrir sa Résistance dans le mouvement Défense de la France pour lequel il participe activement à la rédaction du journal. Il est arrêté le 20 juillet 1943, incarcéré à Fresnes jusqu’au 17 janvier 1944, après avoir été envoyé une quarantaine de fois à la Gestapo rue des Saussaies, déporté à Buchenwald. Il est libéré le 18 avril 1945 par Philippe Viannay son compagnon de Résistance.

A la suite de ce très beau livre de Jérôme Garcin vous pourrez trouver en cherchant un peu une autobiographie de Jacques Lusseyran « Et la lumière fut ».

Bonnes lectures!

Nous, l'Europe : banquet des peuples   De Laurent Gaudé

 

L'Europe, son histoire, son avenir ... Un livre de parti pris pas vraiment le genre de livre que l'on vous conseillerait habituellement, ce n'est pas vraiment la ligne statutaire de l'ANACR.

Mais dans ce livre vous découvrirez des textes formidables sur le nazisme!!

Il est donc à lire pour élargir sa vision!!

Nous, l'Europe : banquet des peuples   De Laurent Gaudé extrait 1

Nous, l'Europe : banquet des peuples   De Laurent Gaudé extrait 2

MIARKA D’Antoine de Meaux Editions Phébus octobre 2020MIARKA D’Antoine de Meaux Editions Phébus octobre 2020

Miarka c’est le nom de résistance de Denise Vernay née Denise Jacob fille d’Yvonne et André Jacob déportés juifs non-rentrés. Ses frères et sœurs : Madeleine surnommée Milou, Jean et Simone (future Simone Veil) ont eux aussi été déportés comme juifs. Son frère Jean n’est pas rentré.

Denise elle aussi fut déportée, elle en est rentrée et sa vie en fut marquée jusqu’à sa mort le 4 mars 2013. La particularité de Miarka par rapport au reste de sa famille c’est qu’elle a été déportée pour fait de résistance.

Miarka c’est le destin d’une fille de 19 ans sous l’occupation, qui sort tout juste du lycée et décide de ne pas se laisser faire. « pour moi dans ces années-là le mot patrie a pris un sens très profond, on le comprend mieux lorsqu’on en est éloigné » confiait-elle à la fin de sa vie. Denise n’aimait pas parler de sa déportation. En 2004 elle a publié un livre très discret à compte d’auteur comme une confidence murmurée à elle-même et à ceux qu’elle aimait. Il s’intitule « une partie de moi-même ». On y découvre sa vie clandestine à Lyon, pendant l’hiver 1943-1944. Et sa solitude absolue qui fut son âpre royaume à ce moment-là et que peu de ses camarades eurent à ce point en partage. Si elle avait beaucoup de mal à parler de sa déportation, elle avait plus de facilité à parler de la résistance, de son « travail » comme elle disait. Elle est recrutée à Franc-Tireur comme agent de liaison, elle reçoit une formation accélérée, officiellement elle est étudiante en lettres mais elle n’a pas le temps d’aller à l’université. Il faut d’abord très bien apprendre le plan de Lyon par cœur, à descendre et monter des tramways en route, à faire en sorte que jamais dans la rue elle ne semble avoir l’air d’attendre quelqu’un. Le mouvement fabrique un journal qui porte le même nom, il faut le distribuer, ils ont un service de faux papiers : fausses cartes d’alimentation et fausses cartes de textile, mais surtout de fausses pièces d’identité pour ceux qui entrent dans la résistance. Il lui arrivera d’avoir jusqu’à 18 rendez-vous par jour. Elle ne peut rien noter et pour exercer sa mémoire elle apprend des vers. Elle a peu d’argent, ne mange pas toujours à sa faim et pourtant elle devra parfois choisir d’acheter un livre plutôt que de déjeuner. Elle est une des seules à Franc-Tireur à vivre à plein temps dans la clandestinité. Elle est arrêtée le 18 juin 1944, elle n’a pas encore 20 ans. Soumise à la torture elle ne parle pas, ne lâche rien. C’est ensuite Ravensbruck et Mathausen. Elle rentre à Paris le 1er mai 1945. Milou et Simone le 23 mai 1945.

Elle rencontre à Londres Alain Vernay qui a entendu parler d’elle par Franc-Tireur qui la considère comme l’une de ses héroïnes emblématiques. Ils se marient en 1947. L’histoire continue jusqu’en mars 2013.

J’espère que ce très grand raccourci de la vie de Miarka vous donnera l’envie de connaître mieux cette femme hors du commun dont la vie a été envahie par la Shoah, mais qui fut avant tout une vraie résistante.

Un jour Simone a demandé à Denise « mais au fond qu’est-ce que tu as fait dans la résistance ? » ce fut pour Densie un déclic et le 21 février 1988 elle réunit ses enfants, ses petits-enfants et neveux pour leur livrer le récit de sa guerre.

Cette histoire est bouleversante. C’est un superbe hommage à l’esprit de la résistance et une œuvre de combat plus que jamais nécessaire. Il ne m’étonnerait pas qu’un jour un cinéaste souhaite faire un film à partir de l’histoire de cette femme d’exception.

A lire et à offrir le plus vite possible

« je ne sais plus pleurer

et je suis seule…… »

Denise Jacob poème inédit septembre 1945

Pierre Meunier ami fidèle de Jean Moulin par Philippe Chevalier.Pierre Meunier ami fidèle de Jean Moulin par Philippe Chevalier.

Pierre Meunier est né à Dijon le 15 aout 1908, mais c’est dans le Jura à Lons-le-Saunier qu’il passe une bonne partie de sa jeunesse.

C’est également dans cette ville que s’éveille sa conscience de gauche, « à 11 ans j’attendais mes parents un dimanche devant la laiterie, j’observais nos voisins, d’un côté une famille riche et prospère, de l’autre côté une famille d’ouvriers à laquelle mes parents distribuaient les vêtements que je ne portais plus. » Pourquoi tant de différences ? Cette situation l’interpelle. Tout au long de sa vie à travers son parcours politique il tentera d’y remédier.

Affecté au 1er bataillon de l’air en 1934 Pierre est finalement mis à disposition du cabinet du ministre à la suite d’un concours de circonstances : la mère de Pierre a croisé chez une amie commune, à Lons-le-Saunier, Léonie Cot, mère de Pierre Cot qui est alors ministre de l’air. Jeanne ayant évoqué la situation de son fils, Léonie a demandé au sien d’intervenir.

C’est ainsi que Pierre Meunier débarque en février 1934 au ministère de l’air. Il va y faire des rencontres qui vont changer le cours de sa vie : Jean Moulin, Robert Chambeiron… Il sera secrétaire général du Conseil National de la Résistance (CNR), juré au procès Pétain, témoin d’intérêt général au procès Barbie.

Pierre Meunier, grand officier de la légion d’honneur a défendu toute sa vie la Résistance et les valeurs qu’elle représente.

Un parcours à découvrir dans ce livre.

Femmes sous l'occupation Célia BertinUn coup de cœur pour un ouvrage de Celia Bertin femmes sous l’occupation sous-titré « la vie au féminin durant ces années de plomb ».

L’originalité de ce livre paru en 1993 chez Stock c’est le regard de l’historienne mais surtout celui de la résistante qu’elle fut, elle avait alors 20 ans. Celia Bertin est née le 22 octobre 1920 à Paris, décédée le 27 novembre 2014. Femme de lettres, romancière, lauréate du prix Renaudot en 1953 pour « La dernière innocente », lauréate du prix Thérouanne pour son ouvrage biographique sur Jean Renoir.

Historienne et témoin elle nous parle dans son ouvrage des femmes qu’elle a côtoyées, femmes de théâtre, de cinéma, paysannes, communistes en gagées, collaboratrices d’idées, d’amour, voire de trous de vie. C’est passionnant car elle ne respecte pas forcément le recul nécessaire de l’historien. Son engagement résistant et sa vie intellectuelle lui ont fait faire tellement de rencontres et c’est de ces personnes dont elle parle dans cette histoire, la sienne qui se lit comme un livre d’aventures. Son livre c’est la rigueur historique qui rencontre la force d’une mémoire sensible et tellement vivante. Chez Celia Bertin le style comptait autant que l’élan de la révolte et l’esthétique de l’existence autant que la passion de la liberté.

C’est au nom de cet idéal de liberté qu’elle accepta à 20 ans de négliger ses études de lettres pour s’engager dans la lutte antinazie. En 1940 à la demande de Pierre de Lescure compagnon de route du Pcf elle reçut pour mission principale d’accompagner en région parisienne les agents de l’Intelligence Service qui ne parlait que l’anglais et auxquels elle servait à la fois de guide, de protecteur et d’interprète. En 1942 elle accompagne Pierre de Lescure dans une mission au pays basque afin de faciliter le passage de la frontière à des agents ou des résistants en danger.

En 1943 elle doit fuir de Paris avec Pierre de Lescure ; ils se réfugient à Chaux-des-Crotenay (Jura) où ils restent cachés jusqu’en juin 1944. C’est alors qu’ils entrent en contact avec le camp Gustave où ils restent six semaines.

 

Les chants d’honneur, de la chorale populaire à l’orchestre rouge, Suzanne Cointre 1905-1943 de Christian Langeois

 

Les chants d’honneur, de la chorale populaire à l’orchestre rouge, Suzanne Cointre 1905-1943.

Un livre de Christian Langeois, notre ami Christian qui a d’ailleurs publié une merveilleuse biographie de Marguerite Flavien-Buffard Résistante de Chilly-le-Vignoble.

Mais revenons à Suzanne Cointre qui est la fille d’un Général et vit dans un milieu patriote bourgeois. Elle est devenue militante communiste, artiste, professeur de piano, animatrice de la Chorale populaire de Paris. Elle fut Résistante dans un réseau de renseignement initié par les Soviétiques (l’orchestre rouge).

Arrêtée, emprisonnée, jugée, elle a été guillotinée en Allemagne par les nazis avec 6 de ses camarades le 20 août 1943.

Après la libération, la guerre froide s’installe et en même temps s’installe l’oubli de cette grande dame ainsi que celui de nombreux Résistants communistes.

Mais si le livre de Christian Langeois a pour but de raviver la mémoire de Suzanne Cointre c’est aussi une plongée au cœur des années trente et du front populaire. En 1936 la musique est partout, se mêle à la foule. De la salle de concert où elle se tenait autrefois, distante et respectée, elle descend dans les rues, les stades, les usines en grève, les cinémas, les fêtes populaires et toutes les manifestations. La musique revendique la place qui lui est due au premier rang, dans le combat contre la nuit qui s’avance…